(FR) Revue d’expo: Mickalene Thomas au Grand Palais

Une artiste dont nous rêvions de voir le travail depuis longtemps — et dont nous avons souvent parlé lors de nos Drawing Sesh — Mickalene Thomas bénéficie enfin de l’espace et de la visibilité que son œuvre mérite. Du moins, c’est ce que nous pensions avant de visiter Mickalene Thomas : All About Love. Si les œuvres elles-mêmes brillent au Grand Palais – RMN à Paris, l’exposition est malheureusement ternie par un curieux manque d’attention aux détails

Mickalene Thomas (née le 28 janvier 1971) est une artiste de 54 ans basée à Brooklyn, travaillant à travers le collage, la photographie, le cinéma, le dessin et les arts mixtes. Elle constitue également une influence majeure et une source d’inspiration pour notre propre travail. Qu’il s’agisse de révolutionner les représentations du corps féminin dans l’histoire de l’art, ou de réinterpréter des scènes canoniques — Trois Femmes Noires, sa réponse au célèbre Déjeuner sur l’herbe de Manet, par exemple — Thomas réinvente le monde à son image : noire, queer et fière.

Nous avons été particulièrement heureux de découvrir l’installation inspirée par la résidence de Thomas au domaine de Monet en Normandie, ayant manqué sa présentation originale lors de sa première exposition en 2022 au Musée de l’Orangerie.

Les +

L’oeuvre.
Nous attendions depuis longtemps de voir le travail de Mickalene Thomas en personne, et il n’a pas déçu. L’exposition présente une sélection éblouissante d’œuvres, incluant de grands portraits de femmes puissantes — modèles, muses et amies de l’artiste.

Passer du temps avec ces œuvres ressemble un véritable cours magistral sur la création d’images. Thomas est connue pour sa technique de collage signature, combinant des fragments photographiques agrandis, des éléments dessinés du corps et du visage, et des strass. Née d’une nécessité, l’utilisation des strass s’est transformée en une célébration audacieuse de la féminité.

Accessibilité.
L’un·e d’entre nous utilisait un fauteuil roulant, ce qui nous a rendus particulièrement conscients des parcours d’ascenseurs tortueux dans tout l’espace d’exposition.

Le billet ouvert.
Un vrai avantage : nous avons pu choisir librement notre heure d’arrivée.

Les –

La mise en scène

La mise en scène donne une impression de répétition, certaines images semblant se répéter — ainsi que de confinement, certaines œuvres méritant davantage d’espace pour « respirer », en particulier au deuxième étage.

Accès général.
Contrairement à ce qui était indiqué sur nos billets, l’entrée n’était pas au 3 avenue du Général Eisenhower (l’entrée de la patinoire), mais à côté, à ce qui est désormais l’entrée principale. Il existe au moins trois entrées différentes au Grand Palais, aucune n’étant reliée à l’intérieur — obligeant les visiteurs à sortir complètement du bâtiment pour rejoindre une autre section.

L’absence de textes et cartels en anglais, ce qui semble être le strict minimum pour une artiste internationale de cette envergure.

Une communication globale autour de l’exposition défaillante.

Et enfin, mais non des moindres : pas de catalogue.
Nous avons explicitement demandé à la boutique et on nous a répondu deux choses : d’abord, que l’exposition avait été confirmée à la dernière minute, seulement six mois avant l’ouverture — un délai apparemment trop court pour produire un catalogue à temps. Ensuite, que le catalogue en anglais était déjà épuisé et qu’il faudrait attendre dix jours pour son réassort

Notre verdict

Une exposition à ne pas manquer! Venez pour le travail de Mickalene Thomas et son univers — et essayez de faire abstraction du manque d’attention aux détails.

Dans notre prochain article, nous parlerons de l’exposition Eva Jospin et Claire Tabouret.

Previous
Previous

Behind the scenes: Chef Gabi

Next
Next

(FR) Ouverts à de nouvelles commissions en 2026